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 Psychanalyse & psychanalyste

 


Si l'analyse, quand elle peut-être proposée, est objectivement recommandée puisqu'elle permet un "traitement" de fond de la personnalité, pour autant, la psychothérapie de courte durée, peut être, dans certains cas, plus adaptée à la personnalité du patient, à sa demande thérapeutique, à sa situation actuelle...
Le "patient", n'est  pas allongé sur un divan mais assis dans un fauteuil faisant face au psychanalyste.
 
La psychanalyse est à voir comme une méthode spécifique qui repose sur la parole, le langage, et qui se différencie dès son origine de toute méthode d'hypnose et de suggestion.
 
Pour bien situer la psychanalyse, il faut la relier à la "cure analytique (cure de paroles)" ; c'est-à-dire, à ce lieu du divan où l'on parle au psychanalyste en appliquant la règle de la "libre association". Règle qui permet de libérer tout ce que l'on ne dit habituellement pas et tout ce que l'on ne sait pas encore de soi ; le psychanalyste Novalis disait : "parler pour parler est une délivrance".
 
Freud avait compris que pour celui qui souffre, trouver un lieu où peut s'instaurer une réelle écoute est un acte d'une grande efficacité thérapeutique.
 
Ainsi, la psychanalyse (comme pour la psychothérapie analytique) se trouve totalement éloignée de la médecine contemporaine. Pour cette dernière, la parole, le "dire" du patient et de ce qu'il contient de savoir inconscient n'est pas l'essentiel ; ce qui compte bien plus, ce sont les réponses que donnent les techniques d'investigations statistiques.
 
Le patient est aujourd'hui dans une relation patient/machine et devient un tracé informatisé interprété par les seuls chiffres (et non par les mots) ; et, la mauvaise nouvelle se répand hélas au-dehors de l'hôpital pour rejoindre les cabinets de médecine générale et psychiatrique.
 
Quelques médecins (de plus en plus rares) de la vraie relation humaine résistent à ce fléau et maintiennent coûte que coûte un espace d'échange humain ; ces derniers sont généralement les prescripteurs de psychothérapie et de psychanalyse pour éviter la médication inutile ou pour l'accompagner quand celle-ci est incontournable.
 
Le médecin est en effet bien plus majoritairement sourd des représentations inconscientes que le patient se fait de ses symptômes et de ce que ces dernières vont induire dans la favorisation d'un traitement ou le rejet de ce dernier.
 
Freud rappelle dans son ouvrage "Ma vie et la psychanalyse" en 1926 que la psychanalyse n'est pas une discipline médicale, qu'il est inutile de devenir médecin pour être psychanalyste ; bien au contraire, les études médicales nuisent, car ce médecin, devra oublier tout ce qu'il a appris sur la "névrose". 
 
Il en est de même pour le cursus psychologique qui ne permet pas au psychologue d'acquérir la connaissance de la psychanalyse car sa formation universitaire déforme trop souvent les concepts psychanalytiques ; ces derniers ne pouvant réellement être acquis que si l'étudiant en psychologie ou le psychologue praticien a fait une longue analyse ; sinon, le concept est appris dans sa vulgarisation et se trouve dévié de son vrai sens.
 
Ainsi, est-il antinomique de se présenter comme médecin-psychanalyste (psychiatre-psychanalyste) ou psychologue-psychanalyste ; la médecine et la psychologie ne font pas le psychanalyste et certifient encore moins la compétence analytique.
 
Il y a un choix à faire pour le praticien ; après avoir été reconnu par ses pairs suite au "cursus" analytique qu'il aura fait pendant plusieurs années dans sa Société de Psychanalyse, il ne peut s'approprier, par éthique, une étiquette professionnelle qui joue sur tous les tableaux ; ceci est bien loin de l'esprit de la psychanalyse et de l'affirmation de l'idéal et de l'éthique psychanalytique et ne fait bien plus qu'à augmenter les confusions de langues théoriques et cliniques. 

Pour cette raison, le psychanalyste, s'il veut être un praticien vrai, c'est-à-dire, libre en toutes circonstances dans sa clinique (la relation à son analysant), ne saurait appartenir à des listes régionales de certification institutionnelle dont le but est de maintenir des lobbyings de soin et de "formater" le patient à un seul mode autoritaire scientiste de "guérison". Et d'être lui-même classifié, enfermé, dans des nosographies étiquetantes et stérilisantes, et le plaçant sous le tout-pouvoir médical qui ne sait entendre la vraie valeur de l'"organe du langage" porteur des maux et des ressources d'espoir et de "traitement" psychologique.


Cet assujettissement est fatal pour le "patient", dans la mesure, où celui-ci, doit rester seul juge et libre de la manière dont il veut vouloir "panser" sa souffrance et avec qui il le souhaite. 


Pour autant, le psychanalyste travaille, il est évident, en lien avec les professionnels de soin qui sont en harmonie avec l'approche psychanalytique. Et  dont la compétence spécialisée s'associe en bon intelligence au travail analytique pour le seul intérêt du "patient".
 
Ainsi, à distance de la médecine et de son informatisation, de la psychologie clinique et de ses tests psycho-techniques, de la religion et de ses dogmes, l'analysant pourra sur le divan prendre conscience de son désir, comprendre les causes de son malaise rester jusqu'alors inconscient et cause de sa souffrance.
 
Il pourra revisiter son enfance en comprenant l'importance de ses vécus infantiles. Tel un archéologue pour reprendre l'expression de Freud en 1936, il élaborera par l'étude des marques du temps et les fragments oubliés mais reconstitués du passé, et par les pans obstrués à jamais, une nouvelle construction psychologique et un nouvel avenir... un vivre-mieux et devenir ce qu'il est au plus profond de sa personnalité.

- "Patient" : en psychanalyse et psychothérapie se nomme analysant ou thérapisant voire client. C'est-à-dire celui qui se traite par lui-même. Le patient est un terme médical qui montre le pouvoir du médecin. Son "client" est celui qui doit patienter ; il est passif, soumis, tant vis-a-vis du praticien que du traitement proposé. Pour cette raison, dans le texte, "patient" est écrit avec des guillemets pour des facilités d'explication. 


 
 
 
 
 

 

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